Le mouvement des Veilleurs est né il y a environ deux mois dans le contexte des manifestations anti-mariage pour tous.

Les origines du mouvement


  Les veilleurs sont apparus bien avant qu’il n’y ait de veilleurs. Comprenez par là qu’il s’agit d’un choix latent, émanant d’hommes et de femmes voulant que soit reconnue la personne pour ce qu’elle est.

 Les premiers veilleurs se sont donc réunis un soir, deux jours avant une Manif prévue aux Invalides, pour trouver une idée d’action. Ils étaient au départ 17, mais ils n’étaient plus que 5 vers 5h du matin lorsque s’est finalement imposé le choix de la non-violence. Plutôt qu’une violence vide de sens et génératrice de répression, les jeunes ont opté pour une démarche d’humilité suscitant l’adhésion. C’est ainsi que le surlendemain ils sont plusieurs dizaines à rester aux Invalides après la dispersion des manifestants. Une force irrépressible est née.

Une démarche profondément culturelle

Alix, jeune veilleuse, suggère le lendemain de lire pendant la veillée quelques-uns de ses textes préférés. Ce sera désormais une habitude pendant ces veillées qui se tiennent chaque mercredi à Paris à partir de 22h, en province dans 135 villes environ, et dans plus d’une douzaine de pays, témoignage d’une véritable demande dans toutes les catégories de la population.
Par conséquent, les textes choisis sont forts, puissants, comme ce texte de Vaclav Havel que nous vous laissons découvrir. Il ne s’agit pas de consommer de la culture mais d’inciter à réfléchir et de provoquer un  travail de la pensée, un éveil des consciences. En somme, un effort sur la qualité plus que sur la quantité. La musique vient souvent accompagner les lectures.

Le rôle des médias

Les veilleurs  n’ont pas besoin des médias. Les images de ceux-ci ne peuvent pas rendre compte du silence qui fait la force de ce mouvement. De plus, le mouvement des Veilleurs semble s'amplifier grâce à la relation interpersonnelle qui le caractérise; les personnes qui viennent élargir les rangs du mouvement chaque mercredi n’ont pas entendu parlé des Veilleurs par les médias,  mais par leurs amis. Sans doute ce mouvement hétérodoxe puise-t-il sa force dans le fait d’être hors du courant médiatique. Mais tout de même, comment expliquer un tel succès pour un mouvement qui, loin de s’éteindre après la manifestation du 26 mai ou le vote de loi Taubira, continue chaque semaine d’éclairer les consciences de milliers de veilleurs?

La vocation des Veilleurs

Le mouvement est durable, tel une force qui nous dépasse.  Il  a pour vocation de durer, même si son message mettra peut être  des dizaines d’années à être entendu par les hommes politiques. Ce message se veut pluriel, opposé à une pensée unique. Bien qu’en majorité chrétiens, les Veilleurs ne se revendiquent pas d’une religion particulière; ils font place à l’Homme dont le sens a été perdu par des idéologies. Ce sursaut de conscience a pour objectif de rechercher quelque chose de nouveau qui ait un sens dans un monde semblant en être dépourvu. Le message des Veilleurs, oscillant entre politique et philosophie, marque en résumé le refus d’une société libérale et libertaire attachée à la sauvegarde du  confort individuel plutôt qu’à la recherche du  bien commun.
Les soirées Veilleurs se tiennent autour de bougies, sur une place ou une esplanade. Des textes philosophiques ou des témoignages, parfois, sont lus. Les veilleurs écoutent l'un ou l'une d'entre eux jouer du violoncelle, entonnent le chant scout "L'Espérance"... Un silence impressionnant régne entre les nombreux participants, qui, pour applaudir, agitent les mains, pour respecter le recueillement qui caractérise le mouvement.

Pour les rejoindre…

Les actions des veilleurs dérangent voire inquiètent la police et certains hommes politiques, dont les réactions sont souvent vouées à l’échec : comment « embarquer » un jeune qui récite du Jaurès, grand défenseur de l’ordre républicain ? Comment récupérer politiquement un mouvement qui se déclare non-partisan ? Pourquoi interdire des rassemblements toujours informels mais jamais violents, lorsque des hooligans viennent sacager en toute impunité des rues parisiennes?
Une seule certitude pour des Veilleurs en quête de vérité : leur mouvement n’est pas prêt de s’éteindre.